L’hypnose au CHU de Bordeaux : contre les soins douloureux de cancérologie

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Au CHU de Bordeaux l’hypnose fait aujourd’hui partie intégrante des thérapeutiques de prise en charge de la douleur proposées au patient

 

 L’hypnose médicale est mise en place dans les secteurs variés d’hospitalisation, de consultations, pour améliorer notamment la prise en charge des douleurs provoquées par les soins auprès des patients enfants, adultes et au-delà de 75 ans.


« Le CHU a eu la volonté de développer l’hypnose médicale en favorisant l’accès à la formation continue, et en soutenant les  projets de services. On ne s’impose pas « hypno thérapeute, cela implique une formation solide, reconnue, avec une pratique en conformité avec l’éthique. » Pr François Sztark, président du CLUD (Comité de LUtte contre la Douleur) et  chef de pôle anesthésie-réanimation du CHU de Bordeaux


Ainsi, le pôle pédiatrique a fait une demande de subvention auprès de la Fondation Apicil agir contre la douleur, pour aider au financement de la formation hypnose médicale auprès des professionnels paramédicaux ; comme prise en charge bienveillante auprès des enfants en cancérologie.

La Fondation qui encourage les méthodes innovantes de manière à faire évoluer les pratiques, en complément des traitements médicamenteux, a accepté cet appel à projet en participant à hauteur de 50% au financement de la formation, l’autre moitié a été complétée par le CHU de Bordeaux.

Cela a permis de former 32 paramédicaux (puéricultrice, auxiliaire de puériculture, manipulateur en électroradiologie, psychologue, kinésithérapeute), sur 2 sessions de formation (automne 2012 et hivers 2013), soit un binôme par service ; 15 services ont été concernés toutes spécialités confondues, tous susceptibles d’accueillir un enfant atteint de cancer.


Suite à cette initiative, l’hypnose médicale a pu être appliquée auprès des enfants, en complément des prises en charge thérapeutiques initiales pour environ 1000 actes.


La pérennisation de la formation des professionnels reste actuellement un objectif du CHU.

 Qu’est-ce que l’hypnose ?

L’hypnose médicale a fait l’objet de bien de controverses et malentendus, mais depuis que ses  mécanismes d’action ont été objectivés par l’imagerie cérébrale fonctionnelle, elle a cessé d’être une croyance.
Ce n’est  ni spectaculaire ni magique, l’hypnose correspond à un état naturel qui se produit dans notre vie quotidienne spontanément ; lorsque notre « esprit s’évade », « je suis là sans être là », absorbé par ma lecture, une image, de la musique…
 Ce qui signifie que « faire de l’hypnose », n’est autre que de proposer à la personne, de se mettre dans un état de concentration intérieure pour obtenir un « lâcher-prise » physique et mental, afin d’exploiter plus volontairement ses ressources personnelles.
  
Dans le traitement de la douleur, la place des médicaments reste souvent centrale, mais force est de constater que cette stratégie, peut atteindre parfois ses limites ; développer des outils complémentaires est essentiel.

"Induire un état d’hypnose c’est conduire le patient vers un état d’absorption imaginative qui lui est propre, où les perceptions comme la douleur et l’anxiété vont se retrouver modifiées, atténuées. Mais en aucun cas, l’hypnose ne peut s’imposer au patient, une relation de confiance, une alliance thérapeutique, est nécessaire." Pr François Sztark, Président du Comité de Lutte Contre la Douleur (CLUD), chef de pôle anesthésie-réanimation du CHU de Bordeaux



Elle amène ainsi de grands changements dans la relation soignant-soigné, le patient devient acteur, il reprend sa position centrale dans le soin.
Sa pratique modifie considérablement le vécu et permet au patient de « bien vivre » le soin, de mieux gérer sa douleur, ou d’appréhender l’acte chirurgical, et d’en garder un souvenir non traumatisant, une impression de bienveillance à son égard.

L’hypnose apporte des bénéfices tant chez le patient, le thérapeute, que chez les soignants ou l’entourage présents lors des soins, procurant un apaisement de part et d’autre, le soin se réalisant dans une ambiance plus calme et détendue, laissant un vécu plus positif pour chacun.

La finalité dans les soins douloureux répétés, ou la douleur chronique, est d’autonomiser la personne, qui grâce à un apprentissage, peut s’approprier la technique et pratiquer seule : c’est « l’auto-hypnose ».

Sources : CHU de Bordeaux 17/10/2013 -  N.Pallaro (infirmière), Dr M.Cadenne, Pr F.Sztark - Unité Soutien Douleur

 

La presse en parle


La Provence – 14 janvier 2015

"En place depuis près de deux ans dans le service tout le personnel soignant (sans exception) a été forme en trois jours, grâce à l'aide financière de la fondation Apicil.

Et le moins que l'on puisse d i r e, c ' e s t q u e l ' h y p n o a n a l g é s i e fait l’unanimité "Ça a changé le vécu du soin de l’enfant, et par extension le nôtre et celui des patient:,", admet Natacha Estournet, infirmière Sa collègue Patricia Poyatos, auxiliaire en puériculture de nuit, va dans ce sens « L’ambiance dans la salle de soins n’est plus du tout la même. II y a beaucoup moins de hurlements et de stress ». "

Ludovic FERRO

14 janvier 2015

METRONEWS LYON - 5 février 2015

"Non, l'hypnose n'est pas réservée au monde du spectacle et aux artistes comme Messmer. Depuis  quelques mois, l'hôpital Saint-Joseph/Saint-Luc de Lyon a décidé de former le personnel des urgences à cette pratique. Médecins, infirmiers, aides-soignants ou brancardiers ont donc appris comment « modifier l'état de conscience » des patients. « Ce n'est pas une baguette magique, mais cela nous permet de traiter la douleur et l'anxiété, précise Didier Brodsky, médecin urgentiste. »

Depuis le mois de juin 2014, environ 300 personnes ont ainsi été hypnotisées à Saint-Joseph/Saint-Luc."

PIERRE-ALEXANDRE BEVAND

15 février 2015

AUBAGNE AU JOUR LE JOUR

"L’hypnose, avant et pendant les soins, a désormais sa place à l'hôpital d’Aubagne. L'an dernier et en 2013, une quarantaine de soignants a été formée à l'hypnoanalgésie et « à la distraction par le jeu » des jeunes patients C'est Paula Battaglmi, chef du service pédiatrie, qui a permis l’obtention de cette formation dont le coût, 13 000 euros, a été financé, à parts égales, par la Fondation Apicil , dont la vocation est de lutter contre la douleur, et par L’hôpital. La formation de trois jours, assurée par L’association Sparadrap, a été tout de suite mise en application."

15 janvier 2015