Chanter contre la douleur

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La maladie d’Alzheimer concerne essentiellement des patients de 65 ans et plus.

A cet âge, les patients présentent souvent des pathologies multiples pouvant engendrer des douleurs chroniques. Toutefois, la prise en compte de leur problématique douloureuse est souvent reléguée au second plan derrière l’évaluation de leurs troubles de mémoire. De plus, l’annonce du diagnostic et les premiers signes de la maladie favorisent l’anxiété et la dépression qui peuvent à leur tour augmenter la sensation de douleur et réciproquement. Les traitements antalgiques ont des effets secondaires chez ces personnes déjà fragiles. Pour prendre en charge la douleur et limiter la consommation de ces médicaments, il est possible de recourir à des thérapies dites non médicamenteuses. Parmi elles, l’utilisation de la musique à des fins thérapeutique est courante. Cependant, aucune étude précédente n’avait évalué le bénéfice de la musique sur la douleur chez des patients atteints de trouble de la mémoire, alors que des liens ont été récemment mis en évidence entre troubles du fonctionnement cognitif et douleurs physiques.

Les chercheurs ont mis en place une étude clinique multicentrique randomisée (Etude Lacmé) au sein des Centres Mémoires de Ressources et de Recherche (CM2R) de St Etienne et de Lyon, pour évaluer les bénéfices du chant, en comparaison à un atelier peinture, sur la douleur, l’estime de soi, la qualité de vie, l’anxiété, la dépression et la cognition.

Les résultats sont encourageants, montrant un bénéficie des ateliers et ce, quelle que soit l’activité culturelle proposée. Ces ateliers permettent notamment de diminuer le niveau de douleur et d’améliorer les manifestations d’anxiété ou de dépression. Ce travail a également permis de dégager des profils de personnalités plus ou moins réceptives à ce type de prise en soin.

Ce projet devrait aider à mieux connaitre les bénéfices de la musique et de l’art-thérapie sur les douleurs présentées par les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer et ainsi valoriser les initiatives de chorale de patients déjà initiées dans certaines structures médicales ou médicosociales. De plus cela pourrait favoriser la mise en place de ce type d’atelier dans les autres établissements et devrait aider à les optimiser.

Dr Isabelle Rouch
Praticien hospitalier. CM2R, service de Neurologie, CHU de Saint-Etienne.

Photo : chorale composée de soignants et de patients dans le cadre de l’étude Lacmé.