Le cerveau traite la douleur de l’exclusion de la même manière que la douleur physique.

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C’est ce que tendent à démontrer les derniers travaux de l’équipe CNRS / Université LYON 1 « Neuropsychologie de l’action », coordonnée par Angela Sirigu, directeur de recherche et financés par la Fondation APICIL. 

Comment le cerveau réagit à la douleur sociale ?

L’ostracisme, c’est-à-dire l’exclusion volontaire d’une personne par un groupe, est observée chez la plupart des espèces sociales. Du point de vue individuel, être exclu d’un groupe constitue un danger car cela menace les besoins fondamentaux d’appartenance, d’estime de soi, et de contrôle sur l’environnement.

  • La réaction immédiate à l’ostracisme est ce que l’on nomme « douleur sociale ».

Au Centre de Neuroscience Cognitive du CNRS le Dr Lucia Carriero, chercheur dans l’équipe du Dr. Angela Sirigu, travaille afin d’identifier les régions cérébrales qui sont activées lorsqu’un individu ressent la sensation d’exclusion intentionnelle de la part d’un individu. Cette étude devrait permettre de mieux comprendre la douleur sociale et ses conséquences sur le cerveau.

Les chercheurs ont examiné l’activité cérébrale de patients épileptiques implantés d’électrodes, pendant qu’ils interagissaient avec trois personnes dans un jeu de balle en réseau. Alors qu’au début du jeu les trois joueurs renvoient la balle au patient de façon équitable, au but d’un certain temps, un joueur exclut le patient du jeu de manière intentionnelle.L’exclusion ressentie et la perception du visage de celui qui exclut, activent chez le patient les régions du cerveau impliquées dans la régulation de la douleur physique et des émotions.

On montre que le cortex visuel, région primitive du cerveau, s’active tel un réflexe à la vue du visage du joueur qui a exclu le patient. Le cortex visuel est capable de reconnaitre les personnes et les visages représentant un danger, à la manière du réflexe de survie.

La douleur sociale provoquée par une exclusion a un impact important sur l’activité de notre cerveau qui l’enregistre comme de la douleur

Centre de Neurosciences Cognitives, Institut des Sciences Cognitives, UMR 5229 CNRS UCB Lyon 1

 


CP DOULEUR SOCIALE RECHERCHE Lyon le 17 février 2011.pdf
SNCLF programme.pdf

La presse en parle


LE PROGRES

« Chaque être humain a besoin d'être reconnu. A tel point que lorsque l’on est rejeté par ses pairs, cela provoque une douleur semblable à la douleur physique « Notre cerveau ne fait pas la différence entre ces deux types de douleur Elles sont traitées de la même manière dans la même région préfrontale », explique Lucia Carriero Recrutée par la fondation Neurodis pour deux ans grâce au soutien de la Fondation pour la douleur Apicil, cette chercheuse italienne s'est intéressée aux régions cérébrales activées lors de cette sensation d'exclusion (…) ». S MONTARON

18 février 2011

LA TRIBUNE DE LYON

« Lucia Carriero et Angela Sirigu, de l’institut de sciences cognitives, veulent démontrer que l'exclusion provoque une douleur physique. Cette sensation crée, en effet, un signal d'alarme dans le cerveau, entraînant une douleur à la fois psychique et physique.

Ces recherches, financées par la fondation Apicil, ont aussi mis en évidence que le cortex

visuel est ensuite capable de reconnaître qui est l'agent responsable. Une porte ouverte pour des applications cliniques ? » DR

24 février 2011

LE QUOTIDIEN DU MEDECIN

« Que se passe-t-il dans le cerveau d'une personne victime d'ostracisme 9 C'est la question à laquelle le Dr Lucia Carriero a tenté de répondre dans le cadre de travaux pilotes par le centre de neurosciences cognitives à Lyon, avec le soutien des fondations Apicill et Neurodis Des travaux antérieurs, conduits au début de l'année 2000, avaient déjà permis de montrer qu'une même région du cortex, préfrontale droite, était activée en cas de douleur physique ou morale, « mats ces investigations ne renseignaient pas sur ce qu'il se passe lorsqu'une personne, ayant souffert d'exclusion, reconnaît par la suite l'auteur de cet ostracisme », a indiqué Luciano Carriero lors d'une présentation des résultats à Lyon. (…) » CAROLINE FAESCH

01 mars 2011