Douleurs liées au travail : les moins qualifiés sont les plus concernés

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De nombreux patients consultant dans les structures de prise en charge de la douleur présentent des douleurs liées au travail. Une enquête conduite dans les « structures douleur » a montré que 7 % des patients présenteraient des douleurs chroniques d'origine musculo-squelettique, avec un fort retentissement psychologique, social et professionnel.

Les douleurs musculo-squelettiques liées au travail sont en France la première cause de maladie professionnelle : le nombre de ces maladies indemnisées par l'assurance maladie a fortement progressé pendant plusieurs années.

Une enquête a été conduite dans 14 structures douleurs en France avec pour objectif d’identifier ces douleurs et leurs caractéristiques. Sur plus de 100 patients, 19% a été licencié pour inaptitude médicale au travail et 72 % étaient en arrêt de travail à cause de leur douleur.

Les résultats de l'enquête ont mis en évidence que les personnes les plus concernées par les douleurs au travail sont celles qui possèdent le plus faible niveau de qualification et qui sont entrées le plus tôt dans la vie active. Ces douleurs sont favorisées par certains facteurs tels que le port de charges lourdes ou le travail répétitif, mais des facteurs psychologiques interagissent fréquemment (faible latitude décisionnelle au travail, faible soutien social des collègues et/ou de la hiérarchie, faible satisfaction au travail, etc.).

Au-delà du soulagement des symptômes, l’objectif essentiel de la prise en charge est l'amélioration des capacités physiques et la prévention de la désinsertion professionnelle. Pour cela, il est nécessaire de développer une approche pluridisciplinaire et de tenir compte des dimensions somatique, psychologique et socioprofessionnelle qui sont fréquemment intriquées. Les structures douleurs ainsi que les réseaux de santé devraient permettre une organisation des soins adéquate à la condition de bénéficier des ressources suffisantes. Ces enjeux vont s’accroître avec le vieillissement de la population active.

L’étude conclue : « (…) Le maintien en emploi et la prévention de la désinsertion socioprofessionnelle seront effectués d’autant mieux que les acteurs médicaux de la prise en charge clinique (médecins traitants et spécialistes) pourront collaborer en confiance avec les médecins de santé au travail, l’assurance maladie et les acteurs du maintien en emploi. »

Etude menée en 2008 par le Comité d’Organisation des Etats Généraux de la Douleur  (COEGD), grâce à la Fondation APICIL

 

J.-B. Fassier

Praticien hospitalier – Médecin du travail aux Hospices Civils de Lyon

P. Queneau

Membre de l’académie nationale de médecine, Président du Collège des états généraux de la douleur, Doyen honoraire de la Faculté de médecine de St-Etienne

A. Muller

Professeur de thérapeutique et chef de service du Centre Douleur du CHU de Strasbourg

D. Peronnet

Praticien hospitalier responsable de l'Unité douleur du CH de Mâcon

et le Comité d’Organisation des Etats Généraux de la Douleur  (COEGD)