Voyage au pays de l’imaginaire pour les enfants

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Depuis 2007, le service de pédiatrie a choisi de développer les techniques non médicamenteuses afin d’améliorer les soins et la prise en charge de la douleur qu’ils engendrent.

Grace au soutien de la Fondation APICIL, 8 groupes de 15 personnes ont déjà été formés et appliquent au quotidien l’hypnose dans leur pratique.

Lors de l’induction hypnotique, l’hypno-thérapeute propose au sujet de faire abstraction des éléments et stimuli environnementaux et de focaliser son attention sur un point précis. Cette démarche a pour but d’éloigner son attention des perceptions extérieures pour le recentrer sur son monde intérieur et lui faire prendre conscience de sensations inhabituelles au niveau corporel. D’après plusieurs auteurs, l’enfant est beaucoup plus réceptif à l’hypnose que l’adulte du fait d’un pouvoir imaginaire plus riche et d’un développement limité de leur esprit critique.

A l’hôpital de Villefranche on utilise l’hypnose de différentes manières :

L’hypnose conversationnelle, utilisée quotidiennement dans le service est basée sur les méthodes de communication hypnotique élaborées par les théories de Milton Erickson. Elle part du principe que le cerveau n’entend pas la négation. Il suffit que vous demandiez à quelqu’un de ne pas penser à un éléphant rose …pour qu’il l’imagine aussitôt… !!

La formation sensibilise les soignants à ne pas utiliser les phrases comme : « n’aie pas peur..», « tu n’auras pas mal… », afin d’éviter que l’enfant ne focalise son attention sur les mots « mal », « peur»· On privilégie des images positive en se projetant dans l’avenir : « comme tu seras content, quand j’aurais fini de t’examiner, et que tu pourras bientôt t’amuser … ».

L’hypnose est également utilisée lors de gestes douloureux, associé au Mélange Equimolaire d’Oxygène et de Protoxyde d’Azote (MEOPA). Ie gaz induit une sédation consciente, pendant l’inhalation l’enfant garde le contact verbal en permanence. Il lui est proposé une activité pendant la réalisation du geste douloureux… faire une partie de foot, faire un voyage, décorer un arbre de Noël…L’enfant n’a pas de souvenir précis ni du geste réalisé, ni de la douleur ressentie, et aura moins d’appréhension pour les gestes ultérieurs.

L’hypnose en prémédication bloc opératoire a permis une diminution significative de l’anxiété à l’induction d’anesthésie et a réduit de moitié la fréquence des troubles du comportement après l’opération.

L’hypnose seule : l’hypnoanalgésie et l’hypnothérapie :

Aux urgences le patient effrayé, traumatisé peut être en transe hypnotique, focalisé sur sa douleur, envahissant tout son espace psychique, sans laisser de place à ses propres ressources.

Selon la créativité, et la persuasion du thérapeute, on peut tenter de focaliser l’attention du patient différemment, sur autre chose que sa douleur et ou sa peur.

Dans contexte de douleurs chroniques:

L’idée est de permettre une modification du vécu douloureux une fois l’induction en place par différentes techniques. Pour les enfants présentant des douleurs chroniques répétées il est intéressant de leur proposer un apprentissage de l’auto hypnose pour leur permettre d’utiliser ces méthodes à la demande.