Groupes thérapeutiques : nouvelle approche de la douleur chronique

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Encourager de nouvelles pratiques dans les hôpitaux, créer du lien entre les personnes, travailler en complémentarité pour prendre en compte la globalité du patient sont des valeurs importantes, encouragées par la Fondation APICIL depuis ses débuts.
C’est la raison pour laquelle la Fondation a choisi d’aidé le docteur Malou Navez dès 2007, lorsqu’elle est venue proposer son idée au conseil scientifique. Elle et son équipe proposent de se tourner vers une approche innovante en utilisant la dynamique du groupe pour soigner les patients.

Chaque année, huit groupes de dix patients se réunissent pour travailler notamment la relaxation, le photo-langage, la psychomotricité, l’hypnose. Les groupes sont constitués en fonction des âges et des pathologies : groupes fibromyalgie, lombalgie, douleurs abdominales, migraines de l’adulte ou de l’adolescent, etc. La spécificité du centre de la douleur du CHU de Saint-Etienne est le développement d’une prise en charge psychosociale, avec des groupes d’information et de réinsertion professionnelle. Ces groupes sont animés par une équipe pluridisciplinaire : médecins, psychologues, infirmiers, coordonnateurs sociaux et médecins du travail.
Le centre de la douleur du CHU de Saint-Etienne met l’accent sur la prévention de la douleur chronique et le maintien du lien avec le monde du travail. Il mène également un travail d’éducation et de prise en compte de la dimension psychosociale avec des groupes à visée éducative et thérapeutique (prévention, éducation, souffrance psychosociale, gestion du stress).

« Grâce aux groupes, j’ai bien avancé. Je me sentais faible, aujourd’hui, j’arrive mieux à communiquer et à affronter les choses de la vie courante. J’ai trouvé comment avancer avec mes propres ressources grâce au photo-langage et à la relaxation » Sylvie, 42 ans, a été atteinte de fibromyalgie pendant 4 ans.

Les patients pris en charge dans ces groupes souffrent de douleurs chroniques rebelles, en opposition à la douleur aiguë, elle persiste au-delà de trois à six mois et est résistante aux traitements usuels. Les douleurs chroniques les plus fréquentes sont les lombalgies, céphalées, fibromyalgies, douleurs neuropathiques, séquéllaires post-opératoires, cancers dans les phases thérapeutiques et palliatives, douleurs de la personne âgée. Ces douleurs sont prises en charge dans les centres d’évaluation et de traitement de la douleur.

Des  résultats prometteurs
Le groupe, les techniques développées, l’information reçue, mais également l’expérience partagée avec les autres, ont permis à la plupart des patients d’acquérir la capacité de gérer leur douleur en développant des stratégies adaptées et d’améliorer significativement leur qualité de vie.
Des échelles d’évaluation sont développées et utilisées pour mesurer cette évolution (échelle de douleur, de qualité de vie, échelle fonctionnelle, pourcentage de soulagement...). Elles permettent de mesurer l’intérêt de ces groupes thérapeutiques par rapport notamment aux thérapies individuelles et montrent aux patients qu’ils peuvent s’améliorer au cours de la prise en charge. Le plus important reste bien sur l’évaluation faite par le patient lui-même et son propre ressenti.
En parallèle du développement d’une pratique innovante, adaptée aux douleurs chroniques rebelles, ce dispositif permet un désengorgement important du centre antidouleur et une prise en charge plus rapide des nouveaux patients.
D’après le docteur Malou Navez, le travail en groupe est une réponse adaptée à la problématique de la douleur chronique. Plus dynamiques, plus proches des difficultés rencontrées, les groupes aident à faire le lien entre souffrance et douleur du corps. C’est un espace propice à l’expression des angoisses et de la souffrance psychosociale.
L’accompagnement éducatif et social important entraîne les patients dans une dynamique de mieux vivre et de conservation d’une activité professionnelle, afin d’éviter l’entrée dans le cercle vicieux de la douleur chronique.

Une idée qui fait des petits !
Toujours organisés autour du groupe de patients et de la pluridisciplinarité des soignants, impulsés par la Fondation APICIL, des projets similaires ont vu le jour. Les groupes de patients présentent des particularités en fonction des équipes qui les composent. Si Saint-Etienne à une approche sociale importante, le CHR d’Annecy développe une approche autour de l’hypnose, le CH de Chambéry met en avant les vertus du massage et de l’automassage, l’hôpital Saint-Luc Saint-Joseph propose à ses patients de découvrir un large panel de techniques non médicamenteuses pour apprendre à gérer le stress et la douleur.



Téléchargez la Lettre de la Fondation  d’avril 2010 consacré à l’expérience des groupes pour soulager la douleur chronique :

Lettre de la Fondation Avril 2010