Schizophrénie : le corps au service du mieux-être

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Cadre dans une société du CAC 40 à Paris, c’est par une décompensation psychotique que débute ma schizophrénie. Ma vie bascule... délires conspirationnistes, tentative de suicide, coma, réanimation, désertion de mes amis d’enfance. Fin de mes ambitions professionnelles et sentimentales, je vis la pathologie psychique, stigmatisé, enfermé dans la case folie, sans porte de sortie visible. A l’évidence c’est un handicap, lourd... très lourd même, je confirme.

Quelques coups de main, la bienveillance de mes parents et de soignants, m’ont permis de recommencer timidement à rêver, malgré les souffrances quotidiennes... Ne voulant pas me résigner, j’ai expérimenté pendant 15 ans une cinquantaine de techniques de soins dites « non conventionnelles » complètement absentes de la psychiatrie (sophrologie, pleine conscience, Qi Gong...) qui m’ont pour la première fois, donné de petits espoirs dans cette terrible maladie. Un jour, j’ai pris mon courage à deux mains, le peu de ressources physiques et mentales que j’avais à l’époque, pour proposer à Anne Grosselin, neuropsychologue et chercheur au CHU de Saint-Étienne de monter avec moi l’association Schiz’osent être. Elle a pour mission d’accompagner les personnes souffrant de schizophrénie à travers des techniques de mieux-être. Autant dire qu’en 2010 nous sommes passés pour des extra-terrestres !

Mais c’est bien lorsque la Fondation APICIL a pris le risque de nous soutenir en 2014 que l’horizon s’est éclairci. Ce projet innovant, associé à de la recherche : « Toucher massage et schizophrénie : le corps au service d’un mieux-être » a fait tomber un dogme gigantesque, beaucoup trop répandu dans les équipes médicales : « On ne touche jamais un schizophrène ! ».

Appuyés par la recherche, les sourires et les commentaires des personnes massées démontrent qu’il est plus que temps pour la psychiatrie d’intégrer davantage des approches psycho-corporelles dans le traitement des psychoses, orientées vers le mieux-être. Élodie témoigne : « Avant je parlais trop vite et je bégayais, ensuite je faisais un blocage comme un rideau. Cela va beaucoup mieux, les infirmières s’en sont rendues compte. » ; « Ça a été un apport complémentaire avec mon psychiatre. Je ressentais moins le stress de ma maladie » Kamel ; « Cela m’a permis de prendre soin de moi, de mon corps. » Christophe.

Aujourd’hui la dynamique de l’association se renforce, les actions s’orientent vers les personnes souffrant de maladie mentale et s’ouvrent au grand public à travers des actions de sensibilisation à venir. C’est bon de rencontrer des gens persuadés que nous, usagers, malgré notre handicap, détenons des potentiels, des ressources et qu’il y a véritablement de l’espoir !»

Alexys Guillon
Co-Fondateur de l’association Schiz’osent être
www.schiz-osent-etre.org

Retrouvez « Espoir de schizo », d’Alexys Guillon, édité chez Quintessence en 2010. La totalité des droits d’auteur est versée à l’association.