Outils d’évaluation de la douleur

En 2019, la Fondation APICIL a équipé 14 000 soignants et étudiants d’outils d’évaluation de la douleur pour les adultes et les enfants.

La Fondation APICIL réalise, imprime et diffuse gratuitement les outils. Ils sont diffusés sur demande dans les lieux de soins et de formations.

Première porte vers l’expression de la douleur et de sa prise en charge, l’évaluation doit être systématisée dans les lieux de soins. Il existe des outils validés pour mettre en œuvre des actions adaptées. Les soignants rencontrent des difficultés pour se procurer ces outils qui ne sont généralement pas prévus aux budgets des hôpitaux.

6 500 kits d’évaluation pour la pédiatrie, composés de 3 échelles complémentaires (visages, FLACC et EVA), 5 500 échelles de la douleur adulte EVA et 2 000 échelles EVENDOL pour évaluer la douleur des enfants aux urgences et des nouveau-nés ont été offerts aux établissements de soins et aux écoles de formation en France en 2019.

Pour faire une demande d’outils : contactez-nous via le formulaire de contact.

L’hypnose pour soulager la douleur

Depuis 2004, prés de 100 établissements ont bénéficié de l’aide de la Fondation APICIL pour le développement de l’hypnose dans les soins, soit une participation à la formation de 3 000 soignants.

L’hypnose est un outil et une philosophie pour soulager la douleur. La gestion de la douleur, du stress et de l’anxiété est une préoccupation majeure, lors de la réalisation de soins aux urgences.

L’hypnose a démontré, dans de nombreuses situations cliniques, dont l’anesthésie, une diminution de la douleur, de l’anxiété et une diminution des doses de médicaments analgésiques.

La pratique de l’hypnose aux urgences permettrait d’optimiser la prise en charge des patients douloureux et anxieux, et de proposer une alternative, non médicamenteuse, pour certains soins.

Méditation et cancer : combattre l’anxiété et la douleur

La méditation de pleine conscience correspond au fait de “porter attention d’une certaine manière au moment présent, sans jugement”. Elle pourrait représenter un outil pertinent pour prendre en charge de l’anxiété, les douleurs physiques, améliorer la qualité de vie.

Inspirée par ce sujet, l’équipe du DISSPO* du Centre Léon Bérard dirigée par le docteur Aurdey Couillet, a sollicité la Fondation APICIL pour l’accompagner dans la mise en place d’une étude de faisabilité sur la mise en place d’un protocole de méditation pour les patients atteints de cancer.

Le cancer et ses traitements entrainent une diminution de la qualité de vie, de l’anxiété, des dépressions et des symptômes gênants telles que des douleurs physiques. Pour les patients présentant une souffrance morale avec des ruminations, la méditation permet de mettre à distance les pensées automatiques renforçant la situation de mal-être. L’enjeu pour le patient est également d’accueillir le ressenti douloureux d’une façon la plus neutre possible, sans tenter de lutter contre, d’observer le caractère impermanent de la douleur, dans une dynamique de déconstruction.

Le protocole MBSR se déroule sur 8 semaines consécutives. Le programme comprend des séances en groupe et une partie pour la pratique de la méditation 6 jours sur 7 à domicile, grâce à des enregistrements. L’objectif est que la pratique perdure au-delà du programme, le patient s’approprie un nouvel outil qui l’aidera à accéder à plus de sérénité grâce à ses ressources internes.

Formation des soignants aux techniques psychocorporelles

Le Centre de la douleur du Centre hospitalier Métropole Savoie, soutenu par la Fondation APICIL, développe un programme de formation aux techniques psychocorporelles à destination de tous les professionnels médico-soignants. Considérer la personne malade dans sa globalité et fournir aux soignants des compétences propres, non médicamenteuses, pour gérer le stress et la douleur provoqués par les soins, voilà l’objectif principal de cette formation mise en place en lien avec le service de formation continue.

Marie-Nadine Brulefert thérapeute psychocorporelle et Patricia Triolo infirmière ressource douleur qui développent ces approches depuis de nombreuses années dans la prise en charge de la douleur chronique, initient les soignants aux techniques de visualisation, relaxation, respiration et au toucher relationnel.

Ces techniques simples, incorporées aux soins, permettent à chacun, soigné et soignant, de se libérer des tensions physiques et émotionnelles et de vivre le soin différemment.

La formation comporte des apports théoriques mais également des expérimentations en groupe et en binôme afin de permettre au soignant d’éprouver sur lui-même avant de mettre en pratique.

L’infirmière ressource douleur assure ensuite un compagnonnage des professionnels formés, dans leur activité de soin, pour aider à la mise en œuvre et poursuivre le développement des compétences.

Dr Catherine RAVIER, responsable du Centre de la douleur du Centre hospitalier Métropole Savoie.

Le sport contre la douleur

La douleur chronique a une conséquence économique majeure sur le budget de la santé. Mais les plus lourdes conséquences sont humaines, et ce sont les patients qui les supportent : l’épuisement moral et l’isolement social s’ajoutent à la douleur physique. La douleur entraine un repli sur soi-même et un abandon progressif de l’activité physique qui installe le patient et sa douleur dans un cercle vicieux.

On connaît très bien l’importance de maintenir une activité physique lorsqu’on souffre de douleurs chroniques, mais comment faire lorsque que la fatigue est omniprésente et que le corps vit la douleur à chaque instant ?

De nombreuses structures de prise en charge de la douleur chronique* proposent des programmes de réentrainement comprenant des activités d’endurance, de musculation spécifique, des étirements, de la relaxation, etc., afin de reconditionner les patients à un effort physique adapté.

Pour répondre à cette réalité, le Centre d’Evaluation et de Traitement de la Douleur du CHU de Tours dirigé par le docteur Isabelle Vannier propose, avec la Fondation APICIL et l’association Siel Bleu, un programme de réentrainement aux patients souffrant de douleurs chroniques fibromyalgie, lombalgie, rhumatismes inflammatoires, etc.). Dans un cadre bienveillant et sécurisé, le programme vise l’autonomie. L’objectif est d’intégrer l’activité physique dans la durée, et même d’en faire une source de plaisir ! Car l’enjeux est bien de vaincre les craintes et le manque de motivation à maintenir seul une activité physique, obstacle majeur à une amélioration durable de la douleur et de la qualité de vie.

* Les Structures de prise en charge de la Douleur Chronique ont été créées en 2001, il en existe 243 en France. Il s’agit de structures de soin et de prise en charge de la douleur lorsque celle-ci dure depuis plusieurs mois ou résiste aux différents traitements proposés

Musique vivante à l’hôpital

Depuis plusieurs années, la musique vivante* a fait son entrée dans les hôpitaux. Musicothérapie, concerts, interventions ponctuelles au chevet des patients, ateliers de découverte et de pratiques. Ces instants partagés apportent du réconfort aux patients, aux familles et au personnel soignant. La musique permet aux patients de ressentir des émotions positives, de l’apaisement et de mettre un temps la maladie de côté.

La Fondation APICIL accompagne le projet de l’Orchestre National de Lyon pour former des musiciens volontaires à intervenir auprès des patients du CHU de Lyon, de la pédiatrie à la gériatrie.

La Fondation a ainsi permis de financer la formation de 15 musiciens, elle repose sur le repérage de signes de douleurs morales ou physiques, d’apprendre à les apaiser et à en réduire la perception consciente en recentrant l’attention du patient durant le temps du partage musical.

Grâce à cette formation les musiciens peuvent appréhender leur juste place en s’adaptant à leur auditoire. Finalement, ce temps de partage musical permet d’améliorer le ressenti douloureux des patients.

Yves Chalamon, violoniste de l’Orchestre national de Lyon, cite le neurologue Pierre Lemarquis : “L’écoute d’une musique agréable améliore la récupération après une affection cardiovasculaire… diminue l’anxiété, la dépression et même les douleurs aiguës… par un effet direct sur l’activation de sécrétion de morphine endogène…” Yves Chalamon ajoute “Une expérience formidable que j’ai envie de vivre et de partager.”

*La musique vivante : interventions d’art-thérapeutes ou de musiciens.

Donner de la voix à la lutte contre la douleur par les relations presse et médias

A travers les relations presse, la Fondation APICIL propose un accompagnement innovant aux soignants et chercheurs qui œuvrent sur le terrain : donner de la visibilité, faire de la pédagogie sur la prise en charge de la douleur et rendre accessible à tous, les avancées et les connaissances scientifiques.

La Fondation APICIL organise de nombreux évènements presse au sein des hôpitaux, en étroite collaboration avec les équipes et les porteurs de projets, dans le but de mettre en avant les initiatives innovantes et les résultats obtenus grâce aux projets soutenus par la Fondation APICIL.

En 2019, la Fondation APICIL a organisé 37 évènements avec la presse qui ont généré 409 articles de presse et reportages multimédias.

Relations Presse : Buro2presse.

Pour consulter les communiqués de presse : presse & médias.

Douleurs et troubles du comportement ?

Les professionnels médicaux, éducatifs et paramédicaux, ainsi que les familles de personnes autistes prennent de plus en plus conscience que la douleur est le facteur le plus fréquent d’apparition des troubles du comportement. Ces derniers induisent régulièrement des ruptures de parcours, voire une exclusion de la vie sociale.

Les recommandations actuelles de la prise en charge des personnes avec des Troubles du Spectre de l’Autisme ont pris en compte la problématique de l’expression de la douleur. Les particularités sensorielles, les particularités liées à la communication rendent complexe la compréhension de ce qui est donné à voir pour les professionnels et les familles ayant en charge ces personnes.

L’importance des comportements problèmes qui se mettent en place progressivement lorsqu’une douleur n’est pas repérée entraîne un sentiment d’impuissance voire même de maltraitance dans la prise en charge. Ces troubles peuvent engendrer une rupture de parcours de vie avec l’exclusion d’un lieu de vie ou une hospitalisation inadaptée. L’anxiété, très présente, fait ressortir d’autres douleurs connues de la personne mais jusque-là contrôlées. Il y a donc très souvent une association entre plusieurs origines dans l’apparition des troubles du comportement ; la prise en compte de la douleur peut alors être mise au second plan alors qu’elle doit faire partie de la compréhension globale des troubles et donc de la prise en charge.

Coordinateur du projet : Dr Arnaud Sourty, Centre de Ressources Autisme Rhône-Alpes, Centre Hospitalier Le Vinatier.

Pour voir le film :

Danse et santé mentale

Projet « des habitants »

La question du corps et de ses perceptions a longtemps été ignorée en psychiatrie et en particulier pour les patients vulnérables souffrant de troubles psychotiques. La danse, au-delà de sa dimension sportive, est une occasion de vivre de façon positive et valorisante la mobilité du corps, de reprendre confiance et même de porter cet engagement artistique devant un public.

Le projet « Des habitants » propose à un groupe constitué de personnes souffrant de handicap psychique, de leurs aidants (famille, proches, amis) et de soignants spécialisés en santé mentale de l’hôpital du Vinatier à Bron (69) de vivre une nouvelle expérience positive de leur corps à travers la création d’une pièce de danse contemporaine. Ce projet est articulé autour de 2 axes :

La participation de ce groupe à un « Parcours du Spectateur » (ensemble de spectacles, vidéo conférences et rencontres avec des artistes) élaboré par la Maison de la Danse au cours de la saison culturelle 2018-2019.

La participation à des ateliers de recherche puis de création avec Sébastien Ly de la Compagnie Kerman en vue d’une représentation au studio de la Maison de la Danse devant une centaine de spectateurs.

Ce projet expérimental autour de la danse soutenu par la Fondation APICIL et la Maison de la danse a pour objectif de faire le lien entre la douleur physique et psychique ; il a pour ambition de lutter contre la souffrance et la stigmatisation des patients pris en charge en psychiatrie adulte. Il vise une ré appropriation positive du corps physique et une meilleure inscription de chacun à la fois dans son parcours de soins et dans la cité.

Pourquoi tu pleures ?

Recherche sur la perception des pleurs du nourrisson

C’est une situation à laquelle tout parent a déjà été confronté : devoir comprendre les pleurs d’un nourrisson « J’ai faim », « J’ai envie de dormir », « J’ai mal »… C’est aussi le problème quotidien des soignants. Quelle capacité nous permet de comprendre les pleurs de l’enfant et de répondre de façon adaptée ? Comment est codée l’information contenue dans les pleurs ? Grâce à ces signaux vocaux innés, le nourrisson nous informe de son état sensoriel et émotionnel. Lorsqu’il ressent de la douleur, les pleurs sont d’autant plus essentiels. Malgré ce rôle majeur, l’information portée dans les pleurs et son traitement au niveau du cerveau ne sont pas connus. Cette étude vise donc à évaluer chez l’adulte, à l’aide de l’IRM, les réponses neuronales induites par l’écoute de pleurs enregistrés dans deux situations de stress : douloureuse lors de la vaccination et non-douloureuse lors du bain.

Identifier les structures cérébrales impliquées dans ce phénomène permet d’aborder la complexité de la communication entre adultes et nourrissons, et d’améliorer la pratique clinique pour mieux adapter la gestion de la douleur.

La Fondation APICIL a soutenu le projet de recherche sur la perception des pleurs de douleur du nourrisson mené au CHU de Saint-Etienne par l’équipe du Professeur Roland Peyron conjointement avec l’équipe CNRS Neuro-Ethologie Sensorielle de Nicolas Mathevon. Pour rendre accessible l’information scientifique et valoriser les travaux menés par les équipes Françaises, la Fondation APICIL réalise des films et donne la parole aux chercheurs.

Pour découvrir le projet en image :